THÉÂTRE | CRéATION

La loi de la gravité

d'Olivier Sylvestre

Cie la Nuit te soupire | Anthony Thibault


C’est l’histoire de DOM et de FRED.
Et des fameuses Lettres, les grandes Lettres blanches, sorte de monument qui surplombe la colline à côté du pont.
Déchets, caisses de bières vides, un lieu parfait.
Les Lettres forment les mots : PRESQUE-LA-VILLE.
C’est plutôt laid.
Mais ça a un petit quelque chose d’accueillant… une cachette, un refuge.
C’est aussi l’histoire de la falaise qui plonge dans la rivière, juste à côté des Lettres.
Des maisons en rangée qu’on voit, par milliers, derrière.
De la vue qu’on a sur LA VILLE, là-bas, de l’autre côté de la rivière.
Des oiseaux qui nous observent toujours, d’en haut.
Et du pont, chien de garde, qui fait ce qu’il veut avec notre traversée.
DOM et FRED, oui, c’est bien ça.

Ils ont quatorze ans.

Ils sont beaux.

Ce texte-là a de la force, de la gouaille, du fond, du peps. Un petit uppercut venu d’outre-atlantique, signé Olivier Sylvestre, auteur québécois, qu’Anthony Thibault, jeune metteur en scène revendiquant un théâtre contemporain de la diversité, a eu la bonne idée de monter. La Loi de la Gravité met en face à face Dom et Fred, une fille masculine et un garçon féminin. Du haut de leurs 14 ans, ces deux figures marginales, pas tellement dans le rang, évoluent dans leur Presque-la-Ville aux contours trop étroits pour leurs attitudes hors-normes. Leur rencontre sur une falaise face à une Ville inatteignable, leur permet de tenir contre les injonctions des bandes de leur âge, contre la normalisation des réseaux sociaux, contre les assignations de genre. Au fil des mots, des histoires d’amour, de famille, de trahisons et de rêves, ils apprennent à se forger une identité singulière, pour survivre, pour mieux vivre. Le texte aux phrases courtes, aux dialogues tendus, imprime un rythme proche des battements cardiaques, comme pour mieux faire passer la vie qui les habite. Economie de mots, musicalité du souffle, ce morceau de théâtre interroge dans un dialogue conjugué au plus que présent, les questions de la construction des individualités, singulières, intimes, à un âge adolescent où l’appartenance au groupe et le conformisme impriment leurs lois.

Anthony Thibault

Diplômé de l’Université de Poitiers et de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, Anthony Thibault débute en Belgique auprès de Jacques Delcuvellerie et Claude Schmitz, en tant qu’assistant et comédien avant de collaborer avec Sophie Lecarpentier, Yan Allegret et Louise Dudek. A partir de 2013, il assiste Stanislas Nordey, et travaille en parallèle jusqu’en 2017 pour le Festival d’Automne, en tant que médiateur culturel. En 2015, il créé sa propre compagnie, la Nuit te Soupire, à Poitiers, et met en place un atelier de réflexion sur la médiation culturelle à Bressuire.

La Nuit te soupire

Créée en septembre 2015, la compagnie La Nuit te soupire a pour vocation d'encourager et promouvoir une meilleure représentation de la diversité sur la scène théâtrale française, en montant des spectacles contemporains inédits et en créant le Label Jeunes textes en liberté. Cette meilleure représentativité de la diversité sur scène et sur les écrans permet à tous les spectateurs de mieux s’identifier aux personnages et aux récits qu’ils rencontrent. Et d’être ainsi au centre de l’histoire et ne pas être toujours relégué en marge ou invisibilisé.


 


  • MARS :

    jeudi 29 et vendredi 30 à 20h

  • Avril :

    Du mardi 3 au vendredi 6 à 20h

    Spectacle tout public à partir de 14 ans.

  • Durée

    1h

  • Distribution

    TEXTE
    Olivier Sylvestre
    MISE EN SCÈNE
    Anthony Thibault
    AVEC
    Quentin Laugier
    et Alison Valence
    COLLABORATION
    ARTISTIQUE
    Louise Dudek
    SCÉNOGRAPHIE
    Anne-Sophie Grac
    CRÉATION LUMIÈRE
    Léa Maris
    CRÉATION SONORE
    Elisa Monteil
    CRÉATION VIDÉO
    Boris Carré

  • Mentions

    Production : Compagnie La Nuit te soupire. Coproduction : le Festival des Francophonies en Limousin. Avec le soutien de l’OARA, Le Centre Intermondes de La Rochelle, Les Nouvelles Zébrures, La Colline - théâtre national, La Loge, le Lycée Maximilien Vox - Paris VIe, Mains d’oeuvres, le CENTQUATRE-PARIS. Avec l’aide de la DRAC - Nouvelle Aquitaine, de l’Aide à la création d'ARTCENA et de la Spedidam.